Audrey MINGOT, dans la continuité de la tradition familiale en Force Athlétique

 

 

Avec ses parents champions de Force Athlétique, Audrey MINGOT avait toutes les prédispositions à devenir championne également. Elle s’est non seulement fait un nom, mais également un prénom. Petite interview de PowerliftingMag avec cette superbe athlète du club de Fourchambault (58).

 

PowerliftingMag : Bonjour Audrey, tout d’abord merci de répondre à nos questions. Pour ceux qui ne te connaissent pas, qui es-tu et que fais-tu dans la vie ?

 

Audrey MINGOT : Bonjour ! Je m’appelle Audrey MINGOT, j’ai 25 ans, je suis technicienne contrôle qualité en industrie pharmaceutique à Nevers et je pratique la force athlétique depuis 2010 :

  • Championne du Monde Junior de Développé Couché en 2013,
  • Vice Championne en 2014-2015-2016,
  • 4ème en 2017 en Open,
  • 2eme lors de la WEC FA en 2017).

 

PowerliftingMag : Quel est ton parcours sportif, et comment en es-tu venue à faire de la force athlétique ? Quels sont tes records personnels ? Et comment trouves-tu la motivation pour continuer à les améliorer ?

 

Audrey MINGOT : J’ai commencé le sport a l’âge de 6ans avec la gymnastique artistique que j’ai continué jusqu’à mes 18ans. Arrivée à cet âge il m’était difficile de poursuivre, d’une part en raison des blessures récurrentes et d’autre part car j’allais poursuivre mes études dans une autre région et ne me voyais pas continuer dans un autre club avec un autre entraîneur. En gym il y a beaucoup de concurrences entre les clubs et les gymnastes, c’est difficile de changer « d’équipe » bien que ce soit un sport individuel. Mes parents étant dans la force athlétique depuis un bon bout de temps, j’allais déjà régulièrement à la salle de musculation mais sans en faire, c’était pour moi un sport « d’adulte » et ne me sentais pas prête. Jusqu’au jour où je suis allée voir un championnat de France Jeunes ! Là ça a été le déclic, en voyant de jeunes filles concourir et être sélectionnées à des compétitions internationales je me suis dit « et pourquoi pas moi ?! ». Depuis je n’ai plus arrêté. Mes records personnels, pour un poids de corps de -52kg, sont :

  • 107,5kg au squat,
  • 85kg au développé couché (110kg en équipé)
  • et 135,5kg au soulevé de terre.

 

Ce qui me motive c’est vraiment cette compétition avec moi-même, trouver la force de me surpasser quand même moi je ne crois pas en moi… et tout faire pour pouvoir savourer à nouveau d’entendre la Marseillaise sur un podium international comme j’ai pu le vivre en 2013 quand j’ai été championne du monde de développé couché en équipé.

 

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Photo prise lors des championnats du monde de Développé couché à Killeen (USA) en 2017, avec Kelly Branton (Canada) champion du Monde Open +120kg.

PowerliftingMag : Quel est ton entraineur ? Que t’apporte-t-il ? Quelle est la place de ta famille dans tes entrainements ?

 

Audrey MINGOT : Cette année c’est moi même ! Depuis que je suis revenue dans ma Nièvre natale et ma petite salle de Fourchambault je n’ai plus d’entraîneur donc pour ma planification c’est moi et moi seule. Mais mes collègues d’entraînements, ami(e)s et mes parents également m’aident et me conseillent beaucoup. Leur présence aux entraînements et en compétition et leur expérience me sont très utiles. Ils sont toujours là pour me donner un coup de pied au derrière quand j’en ai besoin et je tiens à les en remercier (Sylvie, Georges, Ugo, Yoann, Anthony, Stéphanie… l’association de FA de Fourchambault est une belle petite famille) ! C’est franchement une grande fierté et un vrai plus de pouvoir partir à l’international en famille.

 

PowerliftingMag : Quelle est l’ambiance au sein de l’équipe de France ?

 

Audrey MINGOT : On peut dire que c’est une grande famille, avec ses hauts et ses bas, l’ambiance est bonne et nous nous entraidons tous lors des déplacements internationaux. Et je tiens à remercier grandement Gregory DUFOUR, entraîneur de l’équipe de DC, qui fait vraiment du très bon boulot ! Il sait faire confiance aux athlètes, nous conseiller sans jamais nous imposer et surtout s’adapter à chacun, ce qui est très difficile sachant que nous le voyons seulement 3 à 4 fois dans l’année. C’est une oreille attentive et une aide précieuse en championnat.

 

PowerliftingMag : Concernant l’entrainement, quel type de planification suis-tu actuellement? Qu’est ce qui t’a aidé le mieux pour améliorer tant ta condition physique que ta force ?

 

Audrey MINGOT : Je ne pourrais vraiment décrire mon « type » de planification, c’est du « made in Mingot » ah ah ! Ce sont des cycles assez basiques de 8 à 12 semaines avec des séries / reps / pourcentage adaptés au moment de la saison. Je travaille énormément en pré-fatigue, c’est clairement ce qui me fait le plus progresser, sans me mettre trop dans le rouge mais j’ai besoin de ça si je veux avancer.

 

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Championnat du monde de BenchPress en 2013 à Kaunas (Lituanie), 1ère en catégorie junior -52kg avec 97,5kg.

PowerliftingMag : Quels conseils donnerais-tu à débutants et débutantes en force athlétique, pour commencer dans ce sport, perdu(e)s dans la masse d’informations ?

 

Audrey MINGOT : Avant toute chose je leur dirais de commencer par lire et décrypter la technique de chaque mouvement. La base de tout c’est la technique, sans ça au mieux la progression ne durera qu’un temps et au pire les blessures s’enchaîneront. Beaucoup de powerlifteurs internationaux ont maintenant leurs sites internet et on y apprend beaucoup de choses, si on attaque seul c’est important de connaître la théorie avant la pratique. Ensuite je leur dirais de ne pas hésiter non plus à demander conseils à des entraîneurs qualifiés pour ne pas foncer droit dans le mur. Et surtout, de ne pas vouloir aller trop vite, c’est la pire des erreurs !

Peu importe d’où nous démarrons, ce qui compte sera le chemin parcouru et le résultat à l’arrivée.

PowerliftingMag : Quels sont tes prochains objectifs sportifs ?

 

Audrey MINGOT : Je prépare actuellement le championnat de France FA open le 28 avril, et dans la foulée le championnat du Monde de DC open le 18 mai. Mon objectif principal de la saison sera de tenter de me sélectionner à un championnat international FA.

 

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Lors des championnats de France 2016 de BenchPress, record de France Open -52kg à 105,5kg.

 

PowerliftingMag : Clermont Ferrand, ville de force athlétique ?

 

Audrey MINGOT : Même si je n’y suis plus, je dois avouer que, plus que la ville de Clermont Ferrand, la région Auvergne / Rhones Alpes est incontestablement LA région de la force athlétique, celle qui regroupe le plus d’athlètes de haut niveau en Force Athlétique ! Mais un petit club de Bourgogne du nom de Fourchambault ne se débrouille pas trop mal non plus, malgré son manque de moyens et une population nettement plus basse, de ce que j’ai entendu dire… 🙂

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Audrey MINGOT et son club de Fourchambault

                                                  

PowerliftingMag : Petite question plus générale concernant la force athlétique, que manque-t-il à ce sport pour percer au niveau du grand public ? De la visibilité ? Des moyens ?…

 

Audrey MINGOT : Clairement de la visibilité et surtout de « l’entrain ». Avouons le, même pour nous, regarder toute la journée une compétition de FA c’est parfois long et il y en a où tout le monde semble s’ennuyer ! Il faut du show, du dynamisme… des compétitions avec du monde, des matchs, un bon speaker, de la musique et là oui on s’éclate ! Ça commence à venir et les changements effectués vont finir par payer j’en suis certaine !

Ensuite il faudrait, pour moi et en France, définir plus clairement les minimas et ne pas limiter en nombre de place. C’est bien qu’il y ait du monde, pourquoi freiner des gens qui ont bossé dur pour accrocher leur ticket d’entrée au championnat de France ? Je prône pour qu’il y ait un jour, comme dans tous les autres sports, un championnat de France ÉLITE (regroupant uniquement les 5 meilleurs français / catés par exemple) et un championnat national (dans lequel tireraient les autres athlètes ne faisant pas partie des élites mais ayant réalisé les minimas). Je pense que ca reboosterait beaucoup de monde et laisserait une chance à de très bons athlètes qui sont mis en arrière plan dans certaines catégories très relevées.

Et puis surtout il faut en parler, car combien de coachs dans les salles de fitness parlent de force athlétique ? Trop peu. A l’exemple du crossfit qui a réussi à gagner en visibilité en très peu de temps, il faut que la force face de même, montrer avec fierté ses athlètes de haut niveau, donner envie aux gens, leur montrer qu’on s’éclate dans ce sport et dans nos compétitions.

 

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PowerliftingMag : Que penses-tu concernant les sponsors des sportifs du fait de l’utilisation très règlementée des logos, de marques autres que celles permises par l’IPF ? Pour toi, est-ce un frein au sponsoring des athlètes ? Ce qui leur permet de financer entre autre leur matériel et leurs transports pour les compétitions…

 

Audrey MINGOT : Je ne sais pas si c’est un frein car nous sommes de toute façon trop peu médiatisés pour attirer les sponsors selon moi, nous n’avons pas grand chose à leur apporter. En revanche je trouve ça dommage oui car ça ne favorise pas l’accès à tous à la compétition… tout le monde ne peut pas forcément acheter une ceinture à 200€, surtout si c’est pour s’entendre dire l’année suivante qu’elle n’est plus homologuée!

 

Merci Audrey !

 

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