Interview de Greg NUCKOLS, potentiel génétique, dangerosité ou non du powerlifting, débutants…

 

 

Nous allons commencer aujourd’hui une série d’interviews avec des experts de différents domaines, leurs apports te seront d’une grande utilité dans tes entrainements.

Greg NUCKOLS est licencié en sciences de l’activité physique et sportive, et créateur du site Web Strengtheory.com où il analyse de façon très approfondie la littérature scientifique la plus récente concernant la force et l’hypertrophie.

Sur le terrain, Greg NUCKOLS était un powerlifter de niveau élite, avec plusieurs records du monde à son actif : 340 kilos au squat RAW et 855 kilos au total en RAW également.

 

 

PowerliftingMag : Peux-tu te présenter un peu pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Greg NUCKOLS : Je travaille actuellement grâce à ma maîtrise en Exercice Physiology (physiologie du sport) et je partage mes réflexions sur mon site Web StrongerByScience. J’aide à la réalisation d’applications mensuelles dans le sport de force (« Monthly Applications in Strength Sport« , publication mensuelle qui tient les gens au courant de toutes les recherches pertinentes pour les athlètes de force et du physique ). Au niveau sportif, j’ai déjà détenu trois records du monde de tous les temps en powerlifting Raw naturel.

 

 

 

PowerliftingMag : Comment faire du powerlifting avec une génétique non prédisposée pour faire ce sport ?

 

Greg NUCKOLS : Cela revient finalement à tomber amoureux de l’entrainement. Il y a toujours des facteurs sous ton contrôle (à quel point tu t’entraînes, comment tu t’entraînes, comment tu manges, combien de temps tu dors, etc.) et il y a des facteurs hors de ton contrôle (que tu aies ou non une bonne génétique pour le sport, tes antécédents de blessures avant d’avoir commencé en powerlifting, etc.). Tout ce que tu peux faire, c’est de tirer parti des facteurs qui sont sous ton contrôle, mettre tout ce que tu peux dans l’entrainement, et laisser les résultats arriver par eux-mêmes.

 

PowerliftingMag : Je lisais l’article sur le site www.strongerbyscience.com « powerlifting injuries » https://www.strongerbyscience.com/powerlifting-injuries/, concernant les blessures en powerlifting. En France, le Powerlifting est considéré comme un sport dangereux par le grand public. Le powerlifting est-il dangereux à long terme selon toi ? Que conseilles-tu pour la prévention des blessures pour les athlètes ? Et principalement pour la coiffe des rotateurs?

 

Greg NUCKOLS : Il y a étonnamment peu de données sur le risque de blessure à long terme. La seule étude sur le sujet par FITZGERALD et al. a constaté que les powerlifters et les haltérophiles présentaient des taux de dégénérescence articulaire comparables à ceux des personnes de même âge dans la population générale. De sorte que ces activités ne semblent pas particulièrement dangereuses à long terme.

Cependant, cette étude aurait facilement pu être affectée par une optique de survie (les personnes ayant subi des blessures majeures auraient été plus susceptibles d’abandonner le sport, de sorte que les taux de dégénérescence articulaire dans leur échantillon peuvent sous-estimer le taux réel chez les powerlifters).

En termes de taux de blessures à court terme, le powerlifting (ou force athlétique) a un taux de blessures d’environ 2-4 blessures par 1000 heures, ce qui est cohérent avec d’autres sports de résistance, et considérablement moins que la plupart des sports d’endurance.

Les meilleures choses que tu peux faire pour minimiser les risques de blessures sont :

  • T’assurer que ta technique est bonne avant de soulever des charges lourdes,
  • Commencer par t’échauffer correctement,
  • Écouter ton corps
  • Arrêter (et/ou baisser les charges) si quelque chose te fait mal. Les problèmes peuvent se transformer en blessures graves si tu essayes simplement de les affronter malgré tout.
  • Un autre facteur important est la progression progressive des charges d’entraînement et des volumes.

Spécifiquement en ce qui concerne la prévention des blessures de la coiffe des rotateurs, il te faudra vraiment travailler sur ta technique au développé couché, c’est ce qui va t’apporter le plus de gains. Cela signifie t’assurer que tes omoplates sont rétractées et que tu touches la barre sur la partie basse de ta poitrine (au lieu de la ligne de mamelon ou au-dessus).

 

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                                                                              Greg NUCKOLS au squat

 

 

PowerliftingMag : Le grand public s’extasie devant un enfant faisant de l’haltérophilie, mais crie au danger, dès qu’un enfant pratique du powerlifting. Qu’en dit la science, à partir de quel âge conseilles-tu à un jeune de commencer le powerlifting ? Et toi, qu’en penses-tu ?

 

Greg NUCKOLS : Les données sur la musculation chez les enfants indiquent en grande partie que le powerlifting ([ou force athlétique]) est un sport sûr tant que la bonne technique est maintenue, et aussi longtemps qu’il y a la supervision d’un adulte pour s’assurer que les enfants ne font rien de trop risqué. Je ne vois aucune raison qu’un enfant ne puisse pas commencer à tester l’apprentissage du powerlifting dès qu’ils le veulent.

Maintenant, juste du point de vue du rapport bénéfices/risques, je ne ferais pas à faire travailler un enfant pré-pubaire, jusqu’à la répétition maximale (1RM) ou à l’échec, sur des mouvements qui présentent un risque de blessure significatif. Mais il n’y a aucune raison qu’ils passent sous la barre vraiment très jeunes. J’ai appris à des enfants aussi jeunes que 5 et 6 ans à faire du squat et du soulevé de terre.

 

PowerliftingMag : Quel type d’entrainement conseilles-tu à un débutant de powerlifting ?

 

Greg NUCKOLS : Tout ce qui ne va pas les effrayer du sport. Sérieusement, Je pense que les gens sont trop accrochés à la programmation « optimale » trop tôt dans le cycle de progression. Lorsque tu es débutant dans ce sport, la priorité absolue devrait être d’avoir une programmation adaptée et d’avoir de la constance ! »).

Si tu es constamment bombardé par des gens qui te disent que tu fais n’importe quoi, et que tu te sens déjà un peu dépassé, cela ne te rendra pas service. Assure-toi de te concentrer sur ta technique, et après cela, détermine ce que tu aimes. Puis, une fois que tu te seras assez entrainé assez longtemps pour tomber amoureux de ce sport, alors il sera temps de travailler sur les détails.

 

Un grand merci Greg 😉

 

 

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